dimanche 3 mars 2013

Copacabana et le lac Titicaca


Un voyage en Bolivie et au Pérou n’aurait pas été possible sans un passage au mythique Lac Titicaca !
Depuis la Paz, c’est seulement 3h de bus pour rejoindre la ville de Copacabana au bord du Lac Titicaca, notre dernière étape en Bolivie.
Particularité du trajet, notre bus et nos sacs sur le toit ont du prendre une barge en bois bancale pour traverser une partie du Lac, tandis que nous prenions un petit bateau à moteur.

Notre bus embarque sur une barge
Et nous sur un petit bateau

Copacabana est une ville pas très belle car très touristique et plutôt sale. Le lac Titicaca est néanmoins splendide. On a l’impression d’être au bord de la mer tellement il est grand (plus de 8000km² !). C’est le lac navigable le plus haut du monde, à 3812m. Il est plein de truites, la spécialité locale, et est parsemé de plusieurs îles.
On a trouvé un hôtel bien sympa dans les hauteurs de la ville avec vue sur le lac, et un très bon resto où nous avons même mangé une fondue partagée avec un couple d’hollandais rencontré quelques jours avant à Sucre, ainsi qu'une truite du lac en compagnie d'Olly, notre ami australien rencontré lors des 3 jours en jeep.

Vue de la chambre
Le premier jour, découverte de l’église, assez jolie avec son toit en mosaïque. Nous avons assisté à une cérémonie un peu étrange en début après-midi devant la cathédrale. Une file de voitures et camions, décorés de fleurs et de statuettes religieuses attend l’arrivée du curé pour recevoir sa bénédiction. En fait ce rituel a lieu tous les jours. Des que Boliviens et/ou Péruviens achètent une nouvelle voiture, ils viennent en famille pour recevoir la bénédiction du curé. Mieux et moins cher qu’une assurance !




Encore une fois pour exprimer leur croyance envers la Pachamama (la Terre-Mère, encore elle), les boliviens se rendent généralement après la cérémonie des voitures sur le Mont Calvario qui surplombe le Lac. Ils y déposent des offrandes : fleurs, pétales, bougies, mais aussi bières, cigarettes… ;) La Pachamama est gâtée !

Vue de Copacabana depuis le Mont Calavario



Les offrandes pour la Pachamama

On voulait passer une nuit sur le Lac Titicaca. On a donc été à l’Isla del Sol, une des îles les plus connues du lac. Les bateaux qui s’y rendent depuis le port de Copacabana sont surchargés, il faut donc 2h pour effectuer une distance au final assez réduite… A l’aller, une passagère bolivienne a menacé le conducteur du bateau de le dénoncer s’il ne faisait pas descendre des passagers. Du coup, une dizaine de personnes est descendue. Les règles de sécurité ne semble pas du tout respectées, comme souvent en Bolivie « todo es possible, nada es seguro » ;).
Sur l’Isla del Sol, nous avons décidé de traverser l’île en marchant du nord au sud, et de dormir une nuit au sud avant de repartir pour Copacabana le lendemain matin. Marche de 4h sur la crête de l’île (dont un morceau avec Olly que l'on a retrouvé en débarquant du bateau), avec un passage par des ruines Inca, et quelques villages en contrebas. A plus de 3800m on est vite essouflé et on marche beaucoup moins vite. L'ile est très verte, ça nous a rappelé un peu l'Irlande ;) Les habitants vivent essentiellement de l’agriculture (patates, mais, quinoa, etc), en plus du tourisme. Il y a 2 communautés qui vivent sur l'île : les Challa et les Yumani, et il faut payer un droit de passage à chacune d'elle, mouais...


Chemin des Incas





Champs de patates
La plupart des touristes n’y dorment pas et repartent le soir. Nous avons décidé d’y dormir une nuit pour éviter le monde et découvrir un peu plus la vie des habitants. Un peu avant le village du sud, le premier hôtel à l’écart et avec une superbe vue sur le lac nous a bien plu. Tenu par une famille, ils construisent de nouvelles cabanes en utilisant des ânes pour acheminer les pierres et ciment depuis le petit port situé en contrebas. Il n’y a pas de route sur l’île.
Repos et coucher de soleil au bord du lac, et truite pour le repas, au resto de l’hôtel. On doit être 4 dans la salle, c’est pas la grosse ambiance lol, mais la vue sur le lac est splendide.

Repos à l'hôtel
Les ânes qui repartent chercher  la marchandise au port


Le lendemain matin, on passe par la communauté de Yumani pour rejoindre le port sud où un bateau nous attend. Sur le passage dans les hauteurs, on croise lamas, et villageois déjà au travail dans les champs.



On restera une nuit de plus à Copacabana avant de partir pour Cusco au Pérou, la cité Inca.

Toutes les photos du Lac Titicaca ICI.

A&A

vendredi 22 février 2013

La Paz et la route de la mort

Pour rejoindre La Paz depuis Sucre, le plus simple était de prendre l'avion. 40 min de vol au dessus de la Cordillère et une arrivée entre les montagnes sur une piste située à 4000m d'altitude, soit un des aéroports le plus haut du monde (après le Tibet)!
Avec l'altitude, l'oxygène se fait rare et la portance est donc moindre. L'avion a besoin du double de distance pour atterrir et décoller. Ce fut plus facile pour notre petit avion de 50 places. On n'a pas trouvé l’atterrissage aussi spectaculaire que le disait le guide.

On embarque dans un petit avion, Aurélia est en flippe!
Survol de la Cordillère
La Paz a un emplacement géographique surprenant. Elle est au milieu d'un immense canyon aride, entourée de pic enneigés de plus de 5000m, dont l'un d'entre eux, majestueux, surplombe la ville à plus de 6000m.
La Paz nous fait penser à aucune autre ville visitée jusqu'ici. Elle s'étend sur une altitude de 3200 à 4000m, les plus riches sont en bas, les plus pauvres en haut. Il faut dire qu'à 800m plus haut, le climat est plus difficile.




La Paz est donc une ville qui monte, qui descend, assez bruyante et polluée, mélangeant bâtiments coloniaux abîmés et buildings plutôt moches. Mais La Paz nous a surpris. Elle nous a beaucoup plus plu que ce qu'on avait imaginé.




On nous avait dit qu'en Bolivie on tombe malade à cause de la nourriture ou l'eau au moins une fois... Et bien effectivement, un smoothie probablement mixé avec de l'eau du robinet nous a fait tombé malade le 1er jour. On a tellement bien mangé à Sucre qu'on a relâché notre attention... On s'est donc contenté de se reposer, de faire du shopping (car l'artisanat à La Paz n' est pas cher du tout), de visiter un peu, et d'aller observer la ville enclavée depuis un de ses nombreux points de vue.
On est aussi passé au marché aux sorcières. Etrange marché où l'on trouve des trucs bizarres comme des pierres magiques, des potions mystérieuses mais aussi des foetus de Lama, très prisés. Les habitants enterrent un foetus de Lama sous chaque nouvelle construction... glauque...



Comme on le voit sur les photos, les femmes portent toutes des sortes de baluchon dans leur dos. Elles mettent tout: bébé, animaux, artisanat, courses, etc.

Pour repartir de La Paz et aller jusqu'à Copacabana, on a pris un bus local (2€ par personne pour 3h de bus!). On est passé par les hauteurs de la ville, dont le marché de "El Alto", à 4000m. C'est le marché prisé des locaux, ça grouille de partout. Assez compliqué et long pour sortir de la ville.

Notre bus un peu poussif dans les montées

Toutes les photos de La Paz ICI.


La route de la mort

Nous avons attendu d'être rétablis pour pour attaquer la route de la mort en vélo.
C'est une descente qui démarre à 4700m, pour finir à 2500m. Elle est tristement célèbre car, lorsqu'elle était encore réservée aux véhicules, un grand nombre d'entre eux tombés dans le précipice qui borde la minuscule route, qui n'a pas de barrière.
Elle a été fermée en 2007. Ils ont désormais construit une nouvelle route, plus sûre. La Route de la mort est aujourd'hui quasi dédiée à la descente en vélo. Cela dit, ça reste bien dangereux. En 10 ans, une quinzaine de personnes l'ayant descendue en vélo sont tombées dans le précipice... Autant dire qu'Aurélia n'était que moyennement partante pour la faire. D'autant qu'une semaine avant, nous avons rencontré un italien qui était tombé en la faisant: épaule déboitée, et homoplate cassée pour son pote... Ca faisait deux semaines qu'Alain essayait de convaincre Aurélia, tout à refaire... ;)

Bien équipés avec des protections aux coudes, genoux, et un casque complet, nous démarrons la route de la mort dans un climat de haute montagne: peu de végétations, de la neige sur les sommets, il fait froid et il pleut. Heureusement les 20 premiers km sont les plus simples: de la route asphaltée et une barrière de sécurité. Cette partie est d'ailleurs ouverte aux véhicules.



Ensuite, petite halte snack, avant d'entamer la vraie route de la mort. 33km de descente. Sur cette partie, ce n'est pas de la route mais de la piste caillouteuse. Les rebonds sont partiellement amortis par nos VTT à suspensions hydrauliques.

Sur les starting-blocks de la route de la mort
On se demande bien comment des camions pouvaient passer par là. Il y a des virages super raides d'à peine 3m de large, la montagne d'un côté, le précipice de 900m de l'autre...

La descente est grisante, Alain s'éclate, Aurélia va à son rythme ;)
Au fur et à mesure de la descente, le paysage, magnifique, évolue. On passe de la haute montagne et la neige, à une végétation de plus en plus verte et luxuriante, jusqu'à l'arrivée dans la forêt tropicale.



On déjeune dans un hôtel avec piscine, il fait 30 degré et on est bouffé par les moustiques. Rien à voir avec les maximum 13°c de La Paz. On avait oublié ce qu'était la chaleur après 2 semaines en altitude ;)

Les photos de la route de la mort ICI.

A&A


mercredi 20 février 2013

Sucre, la ciudad blanca

Après les festivités du carnaval à Uyuni, nous partons le lendemain prendre notre bus pour Sucre (à prononcer Sucré) avec Daniel notre ami Suisse qui lui s'arrêtera à Potosi.
Dans le bus, beaucoup de boliviens, très peu de touristes.

Le bus est prévu de partir à 10h30, à 10h32 le chauffeur s'apprête à partir et les gens crient "VAMOS" pour le presser un peu, d'autant qu'il s'arrête n'importe où pour prendre des gens en chemin. Des gens restent debout tout le trajet (4h quand même...), tandis qu'un enfant dort par terre au milieu du couloir de bus.

La route de montagne jusqu'à Potosi, où nous devrons changer de bus, est asphaltée et très jolie. On croise quelques petits villages perdus au milieu de la montagne et beaucoup de lamas.
On arrive à Potosi à l'heure, on dit au revoir à notre ami suisse que l'on le retrouvera à Sucre quelques jours plus tard. Potosi est la ville minière de la Bolivie, située à 4070m d'altitude. Ça ne nous disait pas trop de visiter les mines donc on ne restera pas dans cette ville.

Trajet en bus Uyuni à Sucre

Le chauffeur du premier bus nous dépose à un autre terminal de bus pour aller à Sucre. On nous met dans un petit bus local, pas un touriste à bord, sauf nous. Les boliviens n'arrêtent pas de manger, du mais, de la viande...qu'ils achètent au petits vendeurs ambulants dans la rue. Quand le bus ralentit, hop on ouvre la fenêtre et on est servi!

4h de route plus tard, on arrive par la banlieue de Sucre, qui est moche et sale. Le bus nous dépose à la gare routière et de la on prend un taxi pour rejoindre le centre historique, où est notre B&B. On est rassuré, le centre est beau avec de jolies maisons coloniales blanches. Notre B&B est top, tenu par René, un belge aux petits soins pour nous. Notre chambre est grande et on a une salle de bain privé, ça fait du bien après ces derniers jours, le confort nous manquait un peu!

Sucre est la capitale constitutionnelle de la Bolivie et donc la vraie capitale du pays et non La Paz comme on l'a appris à l'école! Le centre est classé à l'UNESCO du fait de ses nombreuses maisons coloniales. Elle est aussi surnommée la "ville blanche". C'est également une ville universitaire. Elle est très agréable à vivre mais nous a plus fait penser à une ville du nord-ouest argentin comme Salta, qu'à une ville bolivienne.

Comme c'est la période de carnaval, c'est férié en Bolivie pour 2 jours. On arrive quand même à trouver un restaurant pour manger le soir. On attendra plus d'1h notre repas sachant qu'on avait rien mangé de la journée... On a failli perdre Alain tellement il avait faim! ;)

B&B La Casa Verde
Vue sur  Sucre
Vue sur Sucre

Le lendemain matin au petit déj on retrouve avec plaisir Nadine et Bernard qu'on avait rencontrés à San Pedro. On leur avait laissé l'adresse du B&B et on leur avait dit qu'on y serait.
Comme tout est fermé en ville car c'est férié, on part au supermarché faire des courses pour le midi et le soir. On est surpris par le supermarché, super grand et très varié. On se prend une bouteille de vin bolivien, pour goûter!

L'après-midi, il y a du soleil, on va faire un tour en ville, on en profite c'est calme car c'est férié. Heu en fait pas si calme, car qui dit carnaval, dit jeux d'eau. Cette fois on achète des bombes à eau pour riposter. C'est la guerre sur la place centrale!
Nous rentrons nous reposer et sécher chez René, ça fait du bien de ne rien faire! En fin d'après-midi on rencontre Pablo, un étudiant en tourisme avec qui nous voulons faire une excursion le lendemain dans des villages reculés autour de Sucre. Hop c'est réservé pour nous 4!

Le lendemain départ à 8h30. Nous passons d'abord tous les 4 à l'agence Amaszonas acheter nos billets d'avion pour aller à La Paz deux jours plus tard. C'est un petit avion qui fait la liaison, un jet de 50 places. Aurélia est ravie! Mais bon entre 12h de bus de nuit et 40 minutes de vol, on a pas hésité longtemps surtout que les billets d'avion ne sont pas chers.

Une fois cette affaire réglée, on part jusqu'à un ptit village en jeep, à 45min de Sucre. En chemin, Pablo nous parle de son pays, il connait beaucoup de choses, c'est très intéressant. On lui pose plein de questions sur la politique, l'économie, la vie quotidienne, la coca...

Au premier stop on a un très beau panorama sur Sucre et les chaines de montagnes environnantes. Puis Pablo nous montre l'église du petit village. Il n'y a aucun habitant mais lors des cérémonies religieuses, les gens se rassemblent par milliers sur la petite place de l'église. Ils déposent de l'alcool, des feuilles de coca et plein d'autres choses à la statut de la vierge.

Après cette petite pause, nous nous mettons en route pour notre randonnée. 2h30 de marche sur le sentier des incas, que de la descente donc pas trop dur ;)

C'est parti pour le sentier des Incas!



Petite bête très venimeuse, elle tue les serpents en les piquant sur leur tête!


Après la randonnée, nous nous arrêtons dans un tout petit village (on ne se rappelle plus du nom) chez Augustina pour manger une bonne soupe de quinoa avec des pommes de terre et du mais chaud. Dans la maison, il y a également une femme qui tisse, et un homme très âgé qui semble timide, et pleins d'animaux: cochons d'indes (pour les manger!), lapins, poussins, chiens, chats...

Soupe de quinoa pour le déjeuner, préparée par Augustina 94ans, succulent!

Chicha, alcool de mais

Choto, qui vient de se reveiller, et qu'on aurait bien emmené avec nous ;)

Notre chauffeur nous dit de ne pas trop traîner car nous devons encore aller voir le cratère de Maragua et si il pleut ce ne sera plus possible.
On comprend mieux pourquoi le chauffeur nous pressait un peu. La route, qui est en fait de la piste, n'est pas en bon état et en saison des plus elle devient glissante et parfois impraticable.


Passage difficile, on a préféré descendre de la voiture car il y a le précipice de l'autre côté!
On arrive au cratère de Maragua après 50min de virages. Ce n'est pas un volcan mais une formation géologique dont les scientifiques n'arrivent pas à se mettre d'accord sur l'origine. Visuellement, ce sont des sortes de ronds en escargots dessinés sur la roche. Il y a 2 petits villages au milieu de ce cratère et plein de champs de culture (mais, pommes de terre...). Les habitants ne manquent de rien, ils cultivent tout et comme il pleut souvent, tout est vert!

Par contre le cratère est vraiment isolé. Par exemple, pour se rendre à Sucre, les habitants doivent marcher quelques heures pour descendre au village où nous avons déjeuner et de là, ils peuvent prendre un bus local (c'est un camion en fait où tout le monde est entassé derrière) qui passe une fois par jour pour rejoindre Sucre. Ils ne peuvent pas faire l'aller retour dans la journée, et doivent donc passer une nuit à Sucre avant de rentrer chez eux.

Arrivée au cratère de Maragua, les formes en rond  sur la roche au loin
Champs de patates au milieu du cratère

On fait notre petit tour au cratère, on va voir la gorge du diable où il y une grande cascade. En chemin on croise 2 enfants qui sortent les moutons.



Puis il faut repartir car il commence à pleuvoir. Il faut redescendre toute la route de montagne, qui n'est pas bien large et avec de bons précipices... au fameux passage délicat, la jeep s'est embourbée! Heureusement on était descendu et notre chauffeur est un bon pilote, il s'en est bien sorti, ouf on peut repartir.

Après cette bonne journée, on dîne dans le meilleur resto (français) de Sucre. 2 bons filets de boeuf, du vin et des desserts pour 20€ en tout (bon c'est cher pour la Bolivie mais comparé à Paris...)

Le lendemain, il ne fait pas très beau le matin (fichue saison des pluies!), on va au marché, il y a des beaux étalages de fruits et légumes, c'est coloré, ça sent bon et c'est bien organisé : stands de viandes, légumes, épicerie, etc.



Le beau temps se levant nous en profitons pour aller au mirador ainsi que sur les toits de l'église San Felipe de Neri pour faire de belles photos de Sucre.

Sur les toits de l'église San Felipe de Neri




        

           

                                             


                                             

Le lendemain nous nous envolerons pour La Paz.

Toutes les photos de Sucre ICI, et celles du cratère de Maragua ICI.

A&A